Conduite des seniors : à partir de 65 ans, est-ce que cet examen obligatoire va s’imposer en 2026 ?
L’auto-évaluation au renouvellement du permis : de quoi parle-t-on ?

C’est une nouveauté importante à bien comprendre.
La réforme européenne prévoit que, lors du renouvellement du permis, les États membres puissent organiser une vérification de l’aptitude à conduire.
Cette vérification pourrait prendre plusieurs formes : une visite médicale, des contrôles liés à la vue ou à la santé cardiovasculaire, ou encore un système national d’évaluation.
Mais le Parlement européen précise aussi que les pays pourront choisir de remplacer la visite médicale par des formulaires d’auto-évaluation, notamment pour les permis voiture et moto.
Concrètement, un tel formulaire pourrait demander au conducteur de déclarer certains éléments liés à son état de santé, à sa vision, à ses traitements médicaux, à d’éventuelles difficultés au volant ou à sa capacité à conduire en sécurité.
Mais attention : en France, ce protocole n’est pas encore défini comme une obligation générale en 2026.
Il ne faut donc pas écrire qu’un formulaire d’auto-évaluation est déjà obligatoire pour tous les conducteurs de plus de 65 ans.
La formulation juste est la suivante : l’auto-évaluation est prévue comme une possibilité par la réforme européenne, mais la France doit encore décider comment elle l’appliquera concrètement.
Dans quels cas une visite médicale peut-elle déjà être obligatoire ?

Même sans contrôle automatique à 65 ans, une visite médicale peut déjà être imposée dans certaines situations.
C’est le cas lorsqu’un conducteur présente un problème de santé pouvant être incompatible avec la conduite.
- Cela peut concerner certaines affections médicales, une incapacité physique, la conduite d’un véhicule aménagé ou encore certaines situations signalées lors du passage du permis.
- Une visite médicale peut aussi être demandée après une suspension, une annulation ou une invalidation du permis.
- Elle est également obligatoire pour certains permis professionnels, notamment ceux liés au transport de personnes ou de marchandises.
Dans ces cas-là, le contrôle ne vise pas spécifiquement les seniors. Il vise l’aptitude réelle à conduire, quel que soit l’âge.
Après un contrôle médical, le médecin peut rendre différents avis : apte, apte temporairement, apte avec restrictions ou inapte si l’état de santé est incompatible avec la conduite.
Pourquoi le sujet revient autant dans le débat public ?

La conduite des seniors est un sujet sensible, car elle touche à deux enjeux majeurs : la sécurité routière et l’autonomie.
Avec l’âge, certaines capacités peuvent évoluer : la vue, l’audition, la mobilité, les réflexes, l’attention ou la rapidité de réaction.
Mais cela ne veut pas dire qu’un conducteur âgé est automatiquement dangereux.
Beaucoup de seniors adaptent naturellement leur conduite. Ils évitent les longs trajets, la conduite de nuit, les heures de pointe ou les itinéraires trop complexes.
Certains conduisent même de façon plus prudente que des automobilistes plus jeunes, car ils prennent moins de risques.
Le vrai sujet n’est donc pas l’âge en lui-même.
Le vrai sujet, c’est l’aptitude à conduire en sécurité.