Une étude rassurante sur les effets d’une supplémentation élevée
Plusieurs études ont montré une corrélation entre des taux sanguins élevés de vitamine D (au-delà des 50 nmol/L recommandés) et une augmentation du calcium sanguin. Une récente étude allemande, réalisée sur plus de 445 000 individus via la base de données UK Biobank, confirme cette corrélation. Cependant, elle ne relève aucun effet négatif sur les reins ni sur le système cardiovasculaire, même chez les participants ayant un taux sanguin de vitamine D atteignant 100 nmol/L.
À titre de comparaison, une étude de 2017 avait analysé les effets d’un taux de 300 nmol/L, correspondant à une prise quotidienne de 15 000 UI. Elle avait conclu que ces niveaux, bien que très rares, ne présentaient pas de danger notable.
Les véritables cas d’intoxication à la vitamine D sont exceptionnels et surviennent généralement à des concentrations sanguines supérieures à 375 nmol/L. Un tel seuil correspond à une consommation quotidienne d’environ 50 000 UI pendant plusieurs mois. Lorsque cette toxicité est atteinte, elle peut provoquer une hypercalcémie sévère, entraînant nausées, vomissements, perte de poids, polyurie (augmentation de la production d’urine) et insuffisance rénale.
Quelle est la dose sûre ?
Les chercheurs à l’origine de l’étude estiment qu’une supplémentation comprise entre 400 et 4 000 UI par jour est sans danger pour la majorité de la population. Les risques n’apparaîtraient qu’en cas de prises massives prolongées, comme l’a illustré un cas extrême au Royaume-Uni, où un homme aurait consommé jusqu’à 150 000 UI quotidiennement, en association avec d’autres compléments.
En France, l’étude Esteban menée en 2015 a révélé qu’un tiers de la population adulte présentait une carence en vitamine D, avec des taux inférieurs à 50 nmol/L. Or, un déficit en vitamine D est associé à un risque accru de cancer, maladies cardiovasculaires, diabète, maladies auto-immunes et dépression.
Ainsi, bien que la supplémentation soit souvent bénéfique, elle devrait idéalement être adaptée aux besoins réels de chacun. Un dosage sanguin préalable permettrait d’ajuster les apports et d’éviter tout risque d’excès inutile.