L’identification formelle des ossements de Delphine Jubillar apporte une nouvelle pièce majeure au dossier. Pour les parties civiles, la manière dont son corps a été dissimulé puis dispersé éclaire les faits sous un jour particulièrement sombre. Cela pourrait peser face à la nouvelle version livrée par Cédric Jubillar.
Pendant plus de cinq ans, l’absence du corps de Delphine Jubillar a constitué l’une des principales zones d’ombre de cette affaire hors norme. Ce mystère est désormais en partie levé. Les ossements découverts dans un champ agricole à Mailhoc, dans le Tarn, ont formellement été identifiés. Ils appartiennent bien à l’infirmière disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Une confirmation particulièrement douloureuse pour ses proches, mais qui représente aussi une avancée considérable dans un dossier récemment bouleversé par les aveux de Cédric Jubillar. Pour Me Philippe Pressecq, avocat de Lolita, une cousine de Delphine, cette identification permet désormais de mieux comprendre ce qui est arrivé au corps après la mort de la jeune femme.
« Il s’agit d’un jour très important pour les parties civiles », a-t-il confié à La Dépêche. Selon lui, un « élément primordial » jusque-là absent du dossier est désormais connu : les conditions dans lesquelles la dépouille a été dissimulée. « Nous savons dans quelles conditions atroces Cédric Jubillar s’est séparé du corps de son épouse », affirme l’avocat. Il estime que ces nouveaux éléments rendent difficilement compatible le scénario avancé avec celui d’un simple accident. La découverte reste toutefois extrêmement éprouvante pour la famille de Delphine Jubillar. Les recherches n’ont permis de retrouver qu’une partie de sa dépouille, deux fémurs, tandis que le reste pourrait avoir été dispersé à la suite de travaux agricoles.
« On sent quelque chose de prémédité » : la nouvelle version de Cédric Jubillar mise en doute
Pour Me Mourad Battikh, avocat de l’oncle et de la tante de l’infirmière, la confirmation apportée par les analyses ADN était attendue, mais elle n’en demeure pas moins terrible. « C’est néanmoins extrêmement dur, extrêmement douloureux, extrêmement malheureux pour la famille », a-t-il réagi auprès de BFMTV. Ses proches pourront désormais envisager de se recueillir, mais avec une réalité particulièrement difficile : « Malheureusement, on devra se contenter de deux fémurs. » Des éléments qui placent plus que jamais les déclarations de Cédric Jubillar au centre de la suite de la procédure. Depuis ses aveux, la question du scénario exact ayant conduit à la mort de Delphine Jubillar est devenue centrale.