Affaire Cédric Jubillar : “cet élément primordial” révélé par le corps de Delphine qui permet de savoir “les conditions atroces” dans lesquelles elle a été traitée

Pour les parties civiles, les nouveaux éléments disponibles doivent être confrontés à certaines déclarations que Cédric Jubillar aurait tenues avant même la disparition de son épouse. Me Philippe Pressecq ne croit ainsi pas à l’hypothèse d’une dispute qui aurait dégénéré. « Quand on voit que, plusieurs semaines avant les faits, il disait à tout le monde qu’il allait la tuer et l’enterrer, puis la manière dont il s’est débarrassé du corps, c’est incompatible », affirme-t-il. À ses yeux, l’ensemble dessine un scénario bien différent : « On sent quelque chose de prémédité. » Il s’agit à ce stade de l’analyse de l’avocat d’une partie civile, et non d’une nouvelle qualification judiciaire définitivement établie. Mais la question de la préméditation pourrait désormais occuper une place importante dans les débats à venir.

Affaire Cédric Jubillar : « cet élément primordial » révélé par le corps de Delphine qui permet de savoir « les conditions atroces » dans lesquelles elle a été traitée© Bertrand Arnaud/ABACA – Shutterstock

Le procès de septembre désormais au cœur d’une nouvelle bataille judiciaire

Me Pressecq se montre également très méfiant à l’égard du changement de version de Cédric Jubillar. L’avocat y voit « une tentative de sauver sa peau ». Il estime que les derniers développements permettent d’écarter, selon son analyse, « toute idée de mort par imprudence ». Une question fondamentale demeure pourtant sans réponse : comment Delphine Jubillar est-elle précisément morte ? Les magistrats pourraient donc devoir confronter les nouveaux aveux de Cédric Jubillar aux autres éléments déjà réunis pendant l’enquête et son premier procès. Une situation d’autant plus complexe que les parties civiles disent ne pas vouloir dépendre exclusivement du récit de l’accusé. « Nous n’aurons jamais de scène de crime. Nous allons devoir faire confiance aux déclarations de Cédric Jubillar. Moi, je ne lui fais pas confiance », résume Me Pressecq.

Ces bouleversements relancent inévitablement la question du procès en appel de Cédric Jubillar. L’ouverture est prévue le 21 septembre. Pour sa défense, ces nouveaux éléments justifient de prendre davantage de temps avant de retourner devant une cour. Me Pierre Debuisson a ainsi estimé qu’il était « inconcevable d’organiser un procès le 21 septembre ». L’avocat réclame également de nouvelles expertises psychologiques et psychiatriques. « Ce qui est important, ce n’est pas de faire les choses rapidement, c’est de bien les faire », a-t-il déclaré. Les avocats des parties civiles défendent une position radicalement différente. Pour Me Mourad Battikh, repousser une nouvelle fois l’échéance reviendrait à laisser Cédric Jubillar devenir « le maître des horloges ». Me Philippe Pressecq considère également qu’« il n’y a pas de raison » de modifier le calendrier. La cour d’appel de Toulouse avait d’ailleurs confirmé, deux jours après la révélation des aveux, l’ouverture du procès au 21 septembre.

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